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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 18:52

Une bonne nouvelle depuis quelques mois à La Réunion : le musée Stella Matutina a réouvert !

J'en avais chaudement vanté la visite en 2010...avant qu'il ne ferme pour 4 ans de travaux !

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Il est maintenant désamianté, paré de nouveaux atours, et reste une visite indispensable pour le visiteur qui veut comprendre l'ile de La Réunion, son métissage unique au monde et sa devise , le "vivre ensemble"..

La visite pleine d'humanité d'une guide enjouée et pleine d'anecdotes créoles...mais dont la voix se brise un instant ..en évoquant la vie dans un camp d'esclaves.. vous fera sentir le coeur des gens d'ici et leur blessure originelle...

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Parmi les nouveautés, en dehors d'une salle 3D pour voir des dinosaures dont on ne voit pas trop le rapport avec la choucroute (pardon ! avec le carry..) :

il y a une salle pour des expositions temporaires !

Jusqu'en septembre, pour des lecteurs qui projettent un voyage en 2016, on peut y découvrir la terrible histoire des esclaves oubliés de l'ile de Tromelin...

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

En l'an de grâce 1761, l'Utile, Petite "flûte" (eh oui, ce bateau s'appelle une flûte !) battant pavillon de la compagnie des Indes Orientales quitte le port de Bayonne pour un long voyage vers le pays des épices...et fait escale à l'ile de France (actuelle ile Maurice) ou on lui passe commande d'aller charger des vivres à Madagascar pour nourrir la colonie..

Le trafic d'esclave vers l'ile est interdit officiellement par le gouverneur depuis 6 mois car il y a trop de bouches à nourrir et la famine sévit dans les plantations , de plus l'Utile n'est pas un navire négrier...

Mais la cupidité du capitaine Jean de La Fargue lui fait embarquer en plus des vivres prévues..160 esclaves malgaches qu'il compte revendre clandestinement à Rodrigues en empochant un confortable pactole..

Du coup, au retour, il évite la route directe pour l'ile Maurice qu'il compte contourner par le Nord avec une carte qui se révèlera imprécise sur cette nouvelle voie de navigation..

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Et, vous le voyez, entouré de rouge , un piège mortel guette l'Utile pendant la nuit..les hauts fond de la minuscule ile de Sable qui n'est pas encore l'ile de Tromelin... et c'est le drame..

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Le navire échoué sur les hauts fonds se brise en deux, une vingtaine de marins et 70 esclaves se noient, tandis que le reste trouve refuge sur l'ilot...

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Et tous ces gens, équipage et esclaves, se retrouvent sur un ilot minuscule, battu par les vents sans abri sans nourriture et sans eau avec seulement les débris sauvés du naufrage...

2 mois plus tard l'équipage survivant qui a construit un bateau de fortune avec les restes de l'Utile naufragée sous les ordres du premier lieutenant Castellan du Vernet quitte l'île avec la promesse de revenir chercher les 80 esclaves survivants...

L'embarcation atteindra Madagascar et ils seront sauvés..mais l'administration française refusera de financer une expédition de secours... et les esclaves vont être abandonnés sur cette ile minuscule battue par les cyclones ...pendant 15 ans !!

Retourner chercher des esclaves ...?

la Compagnie des Indes a d'autres chats à fouetter ( et pas d'argent à gaspiller...)

Alors, ils vont tenter de survivre pendant toutes ces années sur cet ilot hostile...

Oubliés...

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

L'expo raconte les 4 campagnes de fouille de 2006 à 2013 qui ont permis de retrouver les vestiges de leur vie là-bas ..et les sortir de l'oubli..

Alors qu'il aurait pu ne plus rien y avoir du tout...les fouilles ont permis de retrouver des vestiges profondément émouvants , permettant de les imaginer à l'oeuvre...en train de mettre en pratique les bases de leur survie

- manger et boire : des restes de nourritures (des oiseaux et des tortues), un puis d'eau saumâtre,

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

- s'abriter : on a découvert le plan d'édifices en pierres et en corail pour se protéger des cyclones et entretenir le feu sur le point culminant de l'ile

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

- fabriquer et réparer : des ustensiles de cuisines rapiécés et réparés témoignant qu'ils ont su faire fondre, marteler et riveter du plomb et du cuivre

Ainsi que toute la trame d'une vie sociale avec un bâtiment de cuisine bien rangé, séparé des chambres d'habitation, des bracelets, des pinces a cheveux , et chainettes pour des parures féminines... des enfants sont nés..

Et les années ont passées....

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Comme vous pouvez le lire..

Un remord bien tardif..

Le temps de decider une expedition..

puis que la première échoue....

Seuls sept femmes et un bébé survivront après 15 ans d'une lutte qui dépasse l'entendement...

Et en guise d'épilogue..

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

Pour finir, je vous laisse avec les conclusions de l'équipe qui a fait les fouilles qui donnent un sens profond à leur travail..

Une histoire de l'Océan Indien : Les oubliés de Tromelin..

De l'inhumanité des négriers...les historiens font surgir... une leçon d'humanité..

Si vous voulez en savoir plus que ce court (et pourtant remarquable!) article de blog, vous avez à votre disposition soit un roman d'Irène Frain soit une BD de Sylvain Savoia qui vous diront tout!

Allez..Nou ar trouv !

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Published by olivier et marianne - dans Musées et patrimoine
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 14:25

Ce titre provocateur est destiné à ceux qui comme moi auparavant ne s'étaient jamais interessé à tout ce qui a trait à la flore et restaient perplexes devant l'enthousiasme de leur épouse ou petite amie pour le moindre truc de couleur verte sortant de terre...

La flore tropicale est bien trop spectaculaire pour ne pas vous convertir radicalement tel Clovis, convié à adoré ce qu'il avait brulé.. ou Cassius Clay devenu Mohammed Ali !

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Alors quand vous programmez ce que vous allez voir pendant votre séjour..Ne sautez pas la page du guide qui parle du conservatoire botanique de Mascarin, dans les Hauts de Saint Leu, au lieu dit "Les Colimaçons".

C'est un endroit étonnant et riche d'enseignements..Et n'oubliez pas de téléphoner avant..pour choisir une des nombreuses visites guidées thématiques.. La botanique..ca peut etre passionnant surtout quand c'est intimement mêlé à l'histoire et la culture..

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Pour commencer c'est une magnifique maison de style colonial, datant du 19°siècle...

Et ensuite ce n'est pas qu'un lieu de visite, c'est un centre de recherche dédié à l'étude et à la préservation de la flore endémique de l'ile, selon le principe qu'on ne protègera efficacement que ce qu'on connait..et fait connaitre...

Bref, un endroit ou élever le débat...et en plus , c'est beau !

La promenade dans le parc est une succession de lieux thématiques aux ambiances variées...

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !
Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Un espace dédié au innombrables espèces de bambous..dans une ambiance tropicale et ombragée, propice aux jeux de lumière...

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

L'espace suivant est dédié aux très nombreuses espèces de caféier..arbuste qui n'est pas très photogénique...mais qui donne l'occasion de s'instruire :

saviez-vous qu'il existe une soixantaine d'espèces de caféier, mais que seulement deux espèces sont cultivés à visée de la consommation pour produire l'Arabica et le Robusta ?

Puis la visite se poursuit par l'espace des plantes succulentes...

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

On pense en premier lieu à cet endroit aux agaves et autres figuiers de barbarie..

Ils y sont...ils y sont... et les figuiers de barbarie sont mêmes en fleurs...

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !
Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

La promenade se fait au milieu des cactées diverses dessinant parfois des arabesques menaçantes telles ces tentacules projettant de capturer l'insouciante Marianne ?

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Mais les succulentes ne se limitent pas aux cactus..Et voici, de la famille des euphorbes... une plante au joli nom de fleur de corail, ou plus scientifiquement Jatropha pour les spécialistes..

On se croirait effectivement au fond l'eau avec l'envie de copier coller un petit poisson à coté....

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

La visite se poursuit par une impressionante collection de palmiers de toutes les tailles et de toutes les formes...comme les palmistes dont le bourgeon terminal (le chou..) est un met de choix , la salade de palmiste ..ne la manquer pas si vous venez ici..

Et, last but not least.....le jardin des orchidées ....

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

On touche du doigt l'infinie variété de cette espéce..

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Chacun a en tête les spectaculaires fleurs ornementales vendues partout dans le monde..

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Mais pas la variété des formes et des couleurs des petites espèces moins connues

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Comme ces quelques exemples endémiques de la Réunion

Voila..un bien bel endroit avec, je le répète, de passionantes visites guidées à réserver préalablement, avec le choix des thèmes abordés...qui sont nombreux...ce qui fait qu'une visite ne suffit pas..on a déja prévu d'y retourner ...

Conservatoire botanique...un endroit austère et barbant ? Pas à La Réunion !

Et la délicatesse d'une fleur de nénuphar posée sur l'eau pour finir..

Une image paisible dans un monde qui ne l'est pas...

Allez..Nou ar Trouv...

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 08:11

Escapade culturelle à Grand Coude, invraisemblabe éperon rocheux en cul de sac,

perché à mille mètres d'altitude dans les hauts de Saint Joseph.

et flanqué de chaque coté de 2 profondes ravines vertigineuses ,comme ici celle de la rivère Langevin

 

images-reunion4-0261.jpg

 

Encore un bout du monde  des hauts de l'ile,

aux activités agricoles traditionnelles qui n'existent pas dans les bas, "dévorés" par la canne à sucre..

 

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Les champs..de géraniums... qui attendent la saison de la floraison..

ils ont été une des activités pour survivre des petites gens qui fuyaient la misère en venant s'implanter dans les hauts

pour la production  de l'essence de géranium à destination de l'industrie du parfum

 

images-reunion4-0287-copie-1.jpg

 

avec des méthodes..disons artisanales...

A La Réunion, qui dit alambic ne dit pas eau de vie..

mais essences de parfums...

 

Surtout, Grand Coude recèle une visite passionnante à la chambre d'hôtes "Les Eucalyptus",

tenue par Mr et Mme GRONDIN..

 

Mr GRONDIN, en plus de son travail de fonctionnaire,

s'est passionné sur le tard pour la culture d'un café oublié,

au sujet duquel il offre des "visites-dégustation", durant en théorie 30 mns...

mais nous passerons une heure et demi avec lui et son épouse ..à boire ses paroles !

 

images-reunion4-0299.jpg

 

Il nous emmène explorer son exploitation..et écouter son histoire..

 

Or donc, en l'an de grâce 1715, le commandant DUFRESNES D'ARCEL

quitte le Yemen à bord de son vaisseau 'Le Chasseur"

à destination de l'île Bourbon, avec 60 pieds de café arabica

dans l'espoir de lancer la production de café qui sera la première activité économique de l'île (avant la canne à sucre..)

 

Seuls 25 pieds survivent à la traversée...et deux seulement s'acclimatent et survivent dans l'île !!

initialisant la culture de l'arabica de l'île que l'on appellera le café Bourbon...

 

Dans les années suivantes, une mutation crée une nouvelle éspèce, appelée Laurina, qui a la particularité

de donner des grains de café plus..pointus.. d'ou son nom donné par les créoles de Bourbon pointu

Il a également la caractéristique d'être pratiquement ..décaféiné ! ce qui lui vaudra à l'époque une disgrâce commerciale..

 

Dans les années 2000, une association de petits producteurs réunionnais

se crée autour d'un projet de recherche du CIRAD,

financé devant l'intéret pour ce café rare...du Japon !! dont le café à une place dans la culture que j'ignorais...

 

Ce travail scientifique donnera lieu à une thèse de génétique sur l'aspect moléculaire de la mutation, si! si! 

(que les généticiens de la famille peuvent trouver sur le site cafe-reunion.com !)

 et a un travail de fourmi d'une poignée de petits producteurs pour sélectionner la meilleure sous-éspèce du mutant !

 

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Mr GRONDIN expose fièrement le travail de pionnier par tatonnements pendant des années..

pour étudier comment obtenir le meilleur environnement pour les plants de café, dans une ambiance résolument écolo avec les autres éspèces qu'il faut planter autour  pour protéger les fragiles caféiers des intempéries

puis  l'entretien des sols avec des plantes rampantes pour lutter contre le ravinement..

c'est quasiment un écosystème végétal recréé qui entoure comme un cocon le fragile mutant..

 

images-reunion4-0289.jpg

 

Voila un plant de caféier qui fait l'objet de soins constants et attentifs..

 

images-reunion4-0288.jpg

 

de la floraison...comme ici..

 

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jusqu'à la maturation des grains de café, qui seront ramassés à la main, grains par grains

quand ils aurant pris la belle couleur rouge de la maturation.. à patir de septembre...

 

Bien sur, le traitement ensuite artisanal au sein d'une petite coopérative et ces méthodes "aux petits soins" donnent un produit très spécifique  et recherché.. qui a été sacré meilleur café du monde !!

(j'ignorais qu'il y avait un championnant du monde des cafés..)

Du coup,  la demande dépassant largement l'offre de cette poignée de producteurs,

un paquet de ce café se négocie..plusieurs centaines d'Euros au japon !!

 

images-reunion4 0304

 

La visite se complique ensuite pour moi qui ne suis pas amateur de café...

par la dégustation ...

mais on déguste en plus du café tout un assortiment de produits dérivés plus faciles à apprécier pour moi :

de la patisserie, au punch..en passant par un parfum !!!!

 

Marianne, meilleure juge que moi... a jugé le produit original..

mais ne justifiant quand même pas son prix...tout aussi original !

 

Voila....et pour finir cet article avec un clin d'oeil familial,

Je me prend un instant pour une icone des petits déjeuners familiaux de Nîmes,

Paul Dequidt, celui qui parcourait le monde avec sa femme Maité

et ses enfants Cécile et Francois, à la recherce des cafés oubliés...

 

Voila que je m'y mets aussi ;-)

 

Nou ar Trouv

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 15:19

Un week-end de garde = pas de possibilité d'aller ballader loin..

mais l'apres-midi du dimanche est néanmoins tranquille sans hemorragie digestive...

On peut donc profiter de la journée du patrimoine pour aller a la rencontre des maisons creoles

de Saint Denis et de son passé colonial....

 

affiche

 

Les journées "européennes" du patrimoine..ici, ca sonne étrangement...

Grace à l'Europe (elle est bien brave...), les maisons de maitre de l'époque coloniale sont

donc ouvertes a tous ce dimanche, dans toute l'ile.. 

Petit florilège à Saint Denis...

 

casebourbon1

 

La Case Bourbon, anciennement appellée "maison des proviseurs", belle maison coloniale restaurée récemment,

logement de fonction de Mr le proviseur du lycée de saint Denis, lycée qui a déménagé depuis...

 

maisonproviseurs.jpg

 

La même au début du 20° siècle, avec Mr le proviseur et Madame ...difficile de se déshabituer des traditions coloniales, même dans le cadre de l'école de la République..n'est-ce pas ?

Bon, allez, l'éducation nationale a bien changé depuis, elle est rentrée dans son époque, et a oublié toute ces raideurs et ces archaismes... (comment ca, je fais de l'ironie ? meuuuh non, qu'est ce que vous allez imaginer..moi, l'éducation nationale, je suis fan......)

 

Elle tombait progressivement en ruine (la maison, pas l'éducation nationale !), jusqu'a repasser sous l'égide du conseil général, etre attribuée a une association d'aide au logement et a l'urbanisme et d'etre restaurée tout récemment...

 

ancieneleve

 

La visite était agrémentée par la présence d'un ancien élève du lycée !

Revenu sur les traces de son enfance, il remuait les souvenirs hauts en couleur des garnements de l'époque qui surnommaient le surveillant général "bichique" (du nom des alevins dont se régalent les réunionnais..) et se moquaient du grand chapeau et des bonnes manières du proviseur..

 

arthoteque.jpg

 

Quelques rues plus loin, l'Arthothèque...splendide maison coloniale dans un beau jardin,

la visite ..étant parsemée des oeuvres d'art qu'on peut admirer avant de...les louer pour 15 petits euros

moyennement un abonnement pas plus cher que celui d'une bibliothèque...

Il faut juste.. que votre logement soit bien assuré ;-)

 

arthoteque2.jpg

 

Vous prendrez bien une oeuvre d'art avant de partir ?

(je crois que on va se laisser séduire dans notre prochain appart, le définitif...,

celui qu'on cherche en ce moment..)

 

raybarre1.jpg

 

On enchaine avec la maison natale de Raymond Barre.. que l'on peut exceptionnellement vister pendant ces journées du patrimoine.

Eh oui, contrairement à ce que je croyais, il n'est pas né sur les pentes de la Croix Rousse ,

mais ici, son grand pere étant un notable de l'ile..

 

On voit la facade principale avec des colonnes et un sol en marbre... ou l'on recevait....

et puis sur la photo suivante , l'autre coté ou les invités n'allaient pas...

Coté des servitudes des domestiques...ici un simple sol de terre cuite...

avec des jolis lambrequins pour décorer quand meme....ca, il ya en a dans toutes les cases meme les plus simples...

 

cotecour.jpg

 

Coté face, les chambres donnent sur de belles varangues décorées ouvertes sur le jardin..

 

varangue.jpg

 

Coté pile, le couloir qui mène à la cuisine, située à l'écart de la maion principale..

 

ciusine.jpg

 

A l'époque coloniale, la cuisine, c'est l'affaire des domestiques,  et ca se passe ..

loin de la maison pour ne pas etre incommodé par le bruit et les odeurs..

Eh oui, quand on dit maison coloniale, ca l'est vraiment !

 

On finit par une ballade dans Saint Denis....

Ici, la rue du maréchal Leclerc, la rue piétonne, centre névralgique du vieux Saint Denis,

avec au fond , le minaret de la mosquée par ou nous entendons l'appel à la prière le soir à 18 heures...

un peu de spiritualité comme pour prendre un peu de distance avec l'agitation mercantile qui bruisse autour,  toute la journée...

 

marechal.jpg

 

Toutes les cases ne sont pas de riches maisons coloniales, vous l'auriez deviné...

 

maisontole.jpg

 

Ici on dit..les cases "bois sous la tôle"...

Cette image m'a amusé...

La boutique est proprette et la jeune fille pourrait s'arreter se faire les ongles en confiance

(un autre jour que le dimanche !)

Mais a l'étage, la vie reste .... sans tous ces artifices...

 

varangueastuce.jpg

Meme dans les cases toutes simples, on a sa fierté, et on fera toujours son possible,

pour montrer aux passants une belle varangue colorée et ses lambrequins

Meme s'il faut pour cela ... un peu d'astuce.....

 

Allez, on va vous laisser, mais comme souvent sur notre blog, on se quitte avec un

bel oiseau coloré, caché dans les bougainvilliers des jardins de saint Denis..le cardinal...

 

cardinal.jpg

 

Nou ar trouv....!

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 15:34

Aujourd'hui, une journée pluvieuse nous conduit à annuler la ballade prévue et a faire une visite "réservée " dans nos projets pour un jour de pluie... (bon, en fait l'après-midi il fera grand soleil..mais nous ne le regretterons pas un instant..)

En effet,  c'est un coup de coeur absolu, un must obligé pour qui passe à La réunion..

Le musée Stella Matutina, à coté de Saint Leu...

 

matutina_reunion.jpg

 

Une ancienne usine sucrière qui a fermée en 1978, reconvertie en musée retracant toute l'histoire du sucre à La Réunion..

mais surtout beaucoup plus que cela...

 

Stella-Matutina-et-3-bassins-026.JPG

 

L' idée géniale d'utiliser la culture de la canne, devenue ensuite l'industrie du sucre,  pour exposer l'histoire du peuple réunionnais... et c'est instructif, éclairant, émouvant, choquant..... et indispensable pour comprendre cette ile plurielle et métissée devenue un ilot de tolérance sur les cendres de ce que la France a enfin reconnue en 2001 comme un crime contre l'humanité...

 

C'est  devenu (et c'est heureux !) langage courant en France de parler du devoir de mémoire... au sujet de l'holocauste...

 

Mais il y a ici un devoir de mémoire indispensable sur l'esclavage à notre avis un peu négligé en France ..

Et bien, ce musée ici, à La Réunion le fait avec justesse et avec une forme d'une intelligence limpide, en parallèle avec l'histoire du sucre, construite sur l'esclavage...

 

Cet article pour vous faire part d'une découverte que nous avons faite grace a ce musée...

 

On connait l'histoire de l'abolition de l'esclavage, proclamée par l'assemblée constituante lors de la révolution francaise,

en 1794, annulée 8 ans plus tard..par Napoléon et il faudra attendre la révolution de 1848 pour que l'esclavage soit à nouveau aboli par la toute jeune république...

 

Mais encore fallait-il que quelqu'un prenne le bateau pour les iles afin de  mettre cela en place car il était évident que ca risquait de chauffer sur place (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé aux Antilles..) Et c'est Joseph Sarda Gariga, administrateur des finances de 40 ans qui, mandaté par le grand Victor Schoelcher pour mettre en place le décret à La réunion, prend la mer pour arriver dans l'ile en octobre 1848.

 

20_decembre_1848_gariga.jpg

 

2 mois plus tard, le décret est promulgué sur place, l'esclavage est aboli sur l'ile, sans effusion de sang ni désordre et la production de sucre persiste...

Une belle histoire.. célebrée par un jour férié ici le 20 décembre dont on devine l'importance dans la mémoire collective......

 

Oui, mais ce qu'on sait moins, c'est ..:

Que s'est-il passé après le 20 décembre, que sont devenus tous ces esclaves et le système esclavagiste des exploitants de canne à sucre ?

Regardez bien cette toile relativement connue célébrant ce 20 décembre :

 

emanciptation-reunion-garreau.jpg

 

On voit l'officier de la république tendre la main droite vers les esclaves affranchis avec le décret d'abolition..

Mais que fait-il de la main gauche ?

Eh bien...il leur montre des outils d'agriculture et un engrenage de broyeuse de canne à sucre, en leur disant :

"Au boulot !"

 

Eh oui, Marianne et moi n'en revenions pas...les décrets d'application sur place ont veillé à apaiser les colons propriétaires

et a pérenniser la fragile économie locale de la canne à sucre...

Il fallait que la main d'oeuvre ne soit pas interrompue..

Alors, oui, la jeune république a dit que le travail devait etre rémunéré,

mais, non, les affranchis n'ont pas retrouvé la liberté !!!

 

Ils ont été dans l'obligation de rester employés dans leurs exploitations de canne, avec un salaire de misère, bien sur non négociable, l'interdiction de quitter l'exploitation sans autorisation, un document a faire remplir obligatoirement et régulièrement par leurs employeurs pour etre "en règle", faute de quoi, ils étaient qualifiés de vagabonds et envoyés...aux travaux forcés!!  y compris bien sur les enfants (il y avait un  lieu spécial pour eux tout près de Saint Denis)..

 

On a appelé cela  à La réunion  "la liberté volée"....

 

Et comme on ne change pas une société esclavagiste par un décret, les exploitations sucrières ont eu un besoin de main d'oeuvre croissant devant l'industrialisation de l'exploitation de la canne ..Il ne pouvait s'agir de francais car il fallait des couts de production très bas, une main d'oeuvre a bon marché, docile et fixe...à laquelle l'esclavage avait habitué...

 

Alors s'est créé 'l'engagisme" ou l'on faisait venir une main d'oeuvre étrangère en masse, d'abord d'Inde puis quand l'empire britannique choqué par les méthodes employées l'a interdit, d'Afrique et de Madagascar.

 

Les gens étaient arrachés à leur pays par des contrats fallacieux ou par la force, et se retrouvaient pieds et poings liés à la solde d'une exploitation sucrière, avec paye de misère, obligation de loger sur place, interdiction de quitter les lieux, travail du lever au coucher du soleil, mauvais traitements, emplois des enfants, reglementation des familles, ou l'on travaillait dans l'exploitation de père en fils etc....etc... et cela a duré jusqu'au début du 20° siècle !

 

Alors, on peut entendre le témoignage d'une dame qui raconte son grand-père capturé par des trafiquants au Mozambique en 1905 (oui, en 1905 !) transporté avec son cousin capturé avec lui (qui mourra pendant la traversée) avec des fers aux pieds dont elle a vu les cicatrices sur les chevilles de son grand-père...

 

Et on fète l'abolition de l'esclavage le 20 décembre 1848 !!!! La république a parfois la mémoire courte...

 

Alors bravo au musée Stella Matutina, que tout le monde fasse son devoir de mémoire.. et respect pour ces photos de Yann Arthus Bertrand (à une époque ou il était moins connu) dans un très beau livre rendu émouvant par ce lourd passé :

"Visages d'usine" :  photographies de tous les employés de l'usine lors de sa fermeture en 1978...

 

Visage-De-l-usine-133.jpg

 

Une autre...

Visage De l'Usine 015

 

Je les trouve très belles et je ne peux pas les mettre toutes, alors  je termine par une photo souriante de deux des employées de l'usine, ou transparait le quotidien de l'accueil créole que nous avons ressenti depuis notre arrivée...

 

Visage-De-l-Usine-007.jpg

 

Si tous autant que nous sommes,  "métros" de France, nous rencontrons des réunionnais, ici en vacances ou bien en métropole, pensons bien à qui nous avons affaire et à ce qu'il peut y avoir de pudeur et de dignité à un aussi éclatant sourire..malgré tout ce qui s'est passé...il n'y a pas si longtemps....oui...pas si longtemps.....

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